Après les karts, place au tennis, l’une des activités emblématiques du plombier de chez Nintendo (avec la baston et les jeux de société, ne l’oublions pas). Un passage sur la 3DS s’imposait donc pour la saga Mario Tennis, pour continuer la lancée des bonnes ventes et l’aura de win accompagnant les derniers million sellers. De là à considérer Mario Tennis Open suffisamment solide pour se payer le même destin… pas sûr.

Back to the roots

Les joueurs de la dernière version de Mario Tennis – la version Power sur Gamecube, suivi de sa nouvelle façon de jouer à la Wiimote – seront peut-être perdus : fini les cut scenes coupant le rythme du match avec un super coup ou un sauvetage improbable de balles. On revient à du tennis pur, du vrai, celui qui se base sur une stratégie (toutes proportions gardées, nous parlons d’un jeu Mario-like les enfants), où tout se joue néanmoins aux placements sur le terrain et au coup choisi pour contrer son adversaire. Plus technique donc, mais toujours avec cette touche colorée façon Nintendo. Des dalles de pouvoirs dispersés sur le terrain apparaîtront à certains moments pour vous guider sur le coup le plus intéressant à jouer. Une fois dessus, une pression sur la touche correspondante permettra de sortir une versions améliorée de ce coup. Au filet par exemple, au moment de smasher, une dalle violette peut faire son apparition pour vous indiquer que là, c’est le moment de le défoncer avec un bon smash des familles. Au joueur alors de se déplacer sur la dalle, de frapper la balle – en choisissant le bon bouton ou grâce au bouton automatique X – pour mettre son adversaire en difficulté. Même chose pour les balles en fond de terrain, des dalles bleues ou jaunes, pour le lift et le lob, peuvent faire leur apparition. A l’adversaire ensuite de répliquer avec la bonne touche pour se sortir rapidement de ce mauvais pas, sous peine de concéder de nouvelles dalles de pouvoirs et de s’enfermer dans une bataille perdue d’avance.

Dans Mario Tennis Open, le but du jeu reste de jouer au tennis, bien sûr, mais de jouer des parties très courtes sans rester bloqué sur des échanges interminables. De renverser rapidement le cours d’un match en profitant d’upgrades temporaires, de donner du rythme à l’échange, et surtout, comme tout sport estampillé Mario, de colorer le terrain d’effet lumineux bien fichu (sans oublier les bruitages caractéristiques des personnages Big N). Des couleurs vous en aurez également sur l’écran tactile puisque les touches y sont directement indiqués pour les joueurs (inconscients) au stylet. Un enrobage coloré, un gameplay populaire mais recalibré : du Nintendo comme on l’aime ou on le déteste, proposant différentes façons d’appréhender le jeu, pour les joueurs néophytes comme pour ceux qui arriveront au bout d’un moment à y déceler des astuces et de la profondeur.

Prince of Mario Tennis

Un brin tactique, le gameplay se trouve plus enrichi que la version GameCube, grâce à ses fameuses dalles. Si l’apparition d’une dalle est un indice pour l’adversaire du coup à venir, il peut aussi être un élément perturbateur. Prenons exemple d’une dalle blanche synonyme d’amorti bien vicieux derrière le filet : le joueur non averti peut se laisser prendre au piège et monter automatiquement. La précipitation devient alors une erreur si l’adversaire décide de ne pas placer son super coup mais un simple lob, moins puissant mais bien anticipé, créant la surprise et surtout de la confusion dans la lecture du jeu. Les développeurs de chez Camelot ne s’embêtent pas avec un gameplay calqué sur les simulations de tennis, loin des frappes millimétrés et d’une physique impeccable de la balle. Friandise sucrée avant tout, il s’agit de se disputer dans une ambiance rappelant les incursions du père Mario dans le milieu du golf ou du baseball, quelque chose de léger, pris en main immédiatement par n’importe qui.

Dans cette optique “Nintendo choupignon”, tant du côté du gadget que de l’ambiance, Camelot met la dose. En première ligne, un contenu très fourni, proche de ce que peut apporter Sakurai sur les jeux Nintendo avec sa série des Smash Bros. Dans Mario Tennis Open, cela se traduit avant tout par l’habillage intégrale de son Mii. De la tenue aux chaussures en passant par les bandeaux ou le choix d’une raquette aux propriétés spéciales, chaque partie solo ou multijoueur apporte son objet débloqué dans la boutique. Au joueur ensuite d’y faire un tour, de choisir la tenue adéquate, plus esthétique que véritable facteur déterminant pour au cours des matchs. Mais tellement classe.

Mario Tennis Open Bar

Par sa profusion d’éléments débloquables à tout moment, Mario Tennis Open gagne un côté “loot” assez agréable. Aussi bien en exhibition solo qu’en tournoi, le jeu axe son principe sur l’amas d’objets (à acheter plus tard tête reposée), et forcément, sur les pièces d’or à récolter pour se faire zizir en mode shopping. Pour cela, notons deux façons de procéder à côté des matchs traditionnels : en passant par les cases mini-jeux et streetpass.
Côté mini-jeux, quatre activités nous sont proposés dans des décors emblématiques de la licence Mario. Je retiens surtout le duel d’endurance au-dessus des trous noirs de Mario Galaxy (des rage quit sont à prévoir), ou le l’entraînement en renvoyant la balle contre un mur voyant défiler un niveau de Super Mario Bros (sympathique mais pas évident). Pour peu que l’on trimballe sa Nintendo 3DS un peu partout, le streetpass se positionne aussi en complément intelligent pour débloquer des tenues et récolter des sous. Chaque Mii croisé donnera lieu à un match en 7 points décisifs et à des gains toujours plus importants en fonction des victoires enchaînées. Les idées pour compléter le mode solo (assez déprimant pour ce type de jeu) sont pertinentes et obligent à revenir régulièrement tâter du jeu sans forcément tomber dans des matchs interminables et trop compliqués à jouer. Tout ceci vise bien sûr à nous préparer aux modes multijoueur, très soigné à l’inverse du Mario Kart 7, un poil mesquin en local par rapport aux itérations précédentes si mon avis vous intéresse toujours à ce niveau-là du test.

Local ou online, Mario Tennis Open gâte le joueur. Quatre consoles pour une seule cartouche, sans temps de chargement abusé : l’effort est louable et renforce la légèreté et le fun de ce mode de jeu. En double, il faut que je vous l’avoue droit dans les yeux, les matchs prennent évidemment une dimension comique insoupçonné. L’absence d’objets pour ruiner directement son adversaire oblige alors à prendre tous les risques pour humilier l’équipe adverse. Souvent inutiles, certains exploits personnels entraîneront des excès de rage jouissifs. Les dalles de pouvoirs – éléments déjà perturbateurs en solo – deviennent de vrais objets de discorde au sein d’une équipe, véritables tentations à envoyer des coups plus forts mais à laisser des brèches dans la défense, puis à pester de mauvaise foi contre son coéquipier. Génial donc. Côté online, le jeu garde sa fluidité et gagne un système de points en fonction des victoires inspiré d’un Street Fighter 4 dans ses matchs par classement, le nombre points affichés sous le pseudo donnant un bon indice du niveau de l’adversaire et de son temps passé en ligne (par forcément de son niveau par contre).

7

/10

Note JDG

FUN FUN MAIS…

Malgré un contenu débloquable en masse et des modes multijoueur bien foutus, on reste un poil sur sa faim avec Mario Tennis Open. La faute à un mode solo très basique, peu enclin à nous motiver à y revenir. Et pourtant le reste se tient, notamment sa fonction streetpass et ses micro-défis dynamiques. On sent que Camelot n’a pas eu le temps de proposer un vrai mode histoire à l’instar de la version Power Tennis sur GBA, et c’est bien dommage (avec un grand D). A reserver aux personnes qui prévoit de jouer dans le métro (le streetpass s’y prête parfaitement) ou en multijoueur à 4. Les autres : prenez plus souvent les transports en commun et payer vous des amis.