Depuis 2005 et l’arrivée de l’ère haute-définition on ne cesse de rappeler que le jeu vidéo japonais est en déclin, pour ne pas dire en voie d’extinction. Pour exprimer au mieux ce mal qui ronge les acteurs nippons de l’industrie, la faramineuse série Final Fantasy semble l’exemple le plus probant. Après des dizaines d’années de règne, des épisodes dans tous les sens, et une hégémonie quasiment totale dans le coeur des adeptes de jeux de rôle japonais, voilà la saga reléguée au rayon des blagues et du troll facile. Il faut dire que les déboires continuels sur le développement de Versus XIII, que l’on a pu entrevoir, une fois encore cette semaine, la catastrophe Final Fantasy XIV ou la critique moins élogieuse qu’a l’habitude pour Final Fantasy XIII, n’ont fait qu’accentuer cette idée. J’en ai bien peur, mais Final Fantasy est passé dans un coma profond.


Ne jugeons pas là la qualité ludique des jeux. Le débat serait sans fond, chacun ayant son avis et chaque opinion ne valant pas plus qu’une autre, tout le monde aurait raison dans son coin. Parlons plutôt de la gestation des jeux, de leurs déboires et de la morose ambiance planant autour de la série. Le principal problème de Final Fantasy, se nomme Final Fantasy VII. Depuis quinze ans, le fantôme de ce titre si légendaire agite les foules et chacun attend du prochain Final Fantasy d’être exemplaire. Si du côté occidental les consoles HD permettaient de fantasmer sur de l’action plus jolie et plus intense, dont Gears of War est le plus bel exemple, on s’est mis à rêver à ce que les japonais utiliseraient cette nouvelle puissance pour décupler la narration et rendre les expériences plus profondes. Beaucoup d’attente pour des résultats si peu réussis jusque là.

Suffisance ou vraie incapacité à dompter cette génération, Square Enix n’a connu que de grandes désillusions avec ses Final Fantasy depuis cette nouvelle ère. Hormis deux bande-annonces, et une séquence de gameplay, Versus XIII navigue toujours dans des eaux troubles, et ce, depuis 2006. Final Fantasy XIII a du faire face à des critiques rudes où les joueurs ont reproché à Square Enix de les enfermer dans des couloirs durant une trop longue partie du jeu. Et que dire de Final Fantasy XIV ? Le MMORPG de Square Enix ne survit que parce que l’éditeur ne veut pas gâcher tant de ressources de développement. Après son échec au lancement, le titre est passé sous un modèle gratuit le temps que Square Enix trouve une solution, puis après une remise à zéro, un nouveau monde et une arrivée sur Playstation 3, les japonais rétabliront les abonnements.

Avouons-le, Final Fantasy est au bord de l’implosion n’est-ce pas ?