Dans Tokyo Jungle, les humains ont soudainement disparu de la surface de la terre ; la nature et le règne animal reprennent leurs droits. Vous incarnez un animal face à son destin, dans une aventure qui fleure plus le docu animalier de Discovery Channel que le 30 Millions d’Amis hebdomadaire de votre mémé, à mi-chemin entre le survival et la simulation de vie. Dans la capitale japonaise dévastée, votre objectif est simple : survivre pour perpétuer votre espèce, et si possible avec un congénère de qualité.

Par Alvin

En termes de mécaniques, Tokyo Jungle c’est un gigantesque Pac-Man à la sauce chaîne alimentaire. Les chasseurs deviennent proies et les proies chasseresses ; les rôles s’échangent aussi sûrement que les lions redeviennent l’herbe pour nourrir les gazelles (copyright Mufasa). Car dans Tokyo Jungle comme dans la jungle même les carnivores les plus féroces peuvent tomber au combat.

Terrible jungle urbaine

Incarner un carnivore, c’est plutôt simple. Votre animal-totem (vous allez enfin être un guépard pour de vrai !) doit boire, manger, et éviter de se laisser empoisonner par la pollution environnante. Il chasse des petites proies et se reproduit avant d’être trop vieux pour que vous puissiez encore le jouer. Tout se complique en revanche lorsque l’on choisie de se battre du côté d’une espèce herbivore et chétive, comme un poulet ou une gazelle. Le jeu s’enrichit alors d’une composante infiltration aussi inattendue que prenante. On esquive les mauvaises rencontres en se tapissant dans les hautes herbes, on court comme un dératé à travers les quartiers de Tokyo pour essayer de semer nos prédateurs. La peur au ventre. Et toujours, on essaie de repérer une zone où trouver de quoi se sustenter. L’action devient vite épique et bien plus intense que ce à quoi on s’attendait.

Un troupeau de hyènes aux trousses et en proie à la faim, cette gazelle est en bien mauvaise posture


Die & Retry

Construit autour de petites sessions de survie, Tokyo Jungle a une délicieuse saveur de jeu d’arcade. Le territoire à explorer n’est pas si vaste (onze petites zones en tout) et le gameplay se révèle finalement assez répétitif. Mais chaque partie diffère totalement des précédentes, en partie grâce aux nombreux objectifs secondaires à accomplir pour débloquer de nouveaux animaux, mais surtout grâce à la place prédominante du hasard. La nourriture et les autres espèces changent en effet d’emplacement à chaque nouvelle partie. A la manière d’un Binding of Isaac, le jeu nous encourage à réessayer sans relâche, dans l’espoir de parvenir à un run parfait et d’enterrer ses amis sur le classement en ligne.

8

/10

Note JDG

Graou !

La réalisation grossière de Tokyo Jungle et surtout sa dizaine de DLC qui veulent nous faire mettre la main au porte-monnaie pourraient nous refroidir.Pourtant, son interprétation de la chaîne alimentaire se révèle bien plus créative et addictive que prévu. Et à ce prix-là (moins de quinze euros), on aurait tort de se priver d’une petite plongée dans le monde sauvage de nos amis les bêtes.