Esclavage, inégalité des sexes, traitement réservé aux Indiens d’Amérique… Les scénaristes d’Assassin’s Creed III n’ont pas eu peur d’aborder des sujets délicats de l’histoire des États-Unis.
On se rappelle du rôle que joue le Pape dans Assassin’s Creed II, ou du délicat contexte historique – les Croisades – du premier jeu de la saga. Pourtant, jamais les faits historiques n’avaient été aussi délicats à aborder que celui de la création des États-Unis d’Amérique dans Assassin’s Creed III, et plus particulièrement des relations entre les colons et les natifs. Alex Hutchinson, directeur créatif d’Assassin’s Creed III et Jill Murray, scénariste d’Assassin’s Creed III : Libération ont confié à GamesIndustry.biz que leur but n’avait pas été de lisser le propos des jeux pour ne froisser personne.
Les équipes qui ont travaillé sur les deux nouveaux jeux de la saga Assassin’s Creed ont au contraire pris le parti de se documenter à fond sur les épisodes concernés afin de les aborder en toute honnêteté et en toute bonne foi :
En général on essaie de dire la vérité. Et on préfère – ça ne nous dérange pas, devrais-je dire – si la vérité n’est pas confortable, tant qu’on peu s’appuyer sur des faits. Lorsqu’on a abordé les Borgias [dans Assassin's Creed II], on a dit que le Pape était un vrai méchant. Mais si vous faites des recherches, vous allez vous rendre compte qu’on ne l’a pas inventé et que c’est plutôt bien documenté. C’est la même chose avec les Pères Fondateurs. Ce sont de vrais gens : ils ont leur bons et leurs mauvais côtés, leurs opinions. Et lorsque nous trouvons des preuves documentés d’une opinion qu’ils ont eue ou de quelque chose qu’ils ont demandé, et qu’il s’avère que c’est la vérité, alors nous sommes heureux de le mettre dans le jeu. Mais nous avons essayé de ne pas nous montrer subjectifs sur cet aspect, on a réservé ça aux faits et aux personnages fictifs.
Pour plus de détails sur le contexte historique, direction notre interview de Maxime Durand, historien sur Assassin’s Creed III. Si vous souhaitez en savoir plus sur le contexte géographique d’Assassin’s Creed III, jetez donc un coup d’œil au Carnet de Voyage qui présente Boston dans le jeu et aujourd’hui. Et pour les impressions : solo et multi !













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Le Journal du Geek
Poilopopo
22 oct, 2012, 12:14 #1Y’a genre une faute à chaque article…’tain
trolilol XDR2
arshilian
24 oct, 2012, 10:27 #2A l’époque: un continent plein de richesses, une forte volonté d’expansion européenne, des guerres de pression entre pays européens sur un nouvel enjeu -> une course à la conquête, avec l’aide de ou contre les populations autochtones (perçues comme sous développées, ce qui était le cas techniquement (je ne parle pas de culture mais de technologie)). Qui plus est, les Européens apportent la technique et la modernisation du pays, qui deviendra un jour numéro 1 mondial (USA, et périphérie Canada).
Regard d’aujourd’hui: Des armées envahissent un territoire sans aucune concertation avec les populations autochtones. Les indiens « aident à la survie » (commémoration de Thanksgiving), puis les Européens les tuent (petit génocide sur le continent Nord Américain sur une période relativement courte). On peut le présenter comme on veut, si on faisait ça aujourd’hui on aurait l’ONU et tous les « gens biens et moraux » qui condamneraient. C’est une soumission totale et un remplacement de population à l’échelle d’un contient. Donc les Européens sont des méchants…
Et pourtant, ça a donné les USA, et le Canada, fers de lance de la liberté et de la « Democracy ».
Une vision complexe, et je ne sais pas si on peut espérer un jeu qui montre bien que personne n’est « méchant », juste les intérêts opposés. On verra si AC3 y arrive ou devient joliment réducteur (on est proche des indiens, donc dans le camp des « gentils » avec une considération actuelle).
Tynhdroid
24 oct, 2012, 10:42 #3« et qu’il s’avère que c’est la vérité » —> « Rien n’est vrai, tout est permis » (je dis ça… ;))
kevsler
24 oct, 2012, 11:15 #4@arshilian : peu importe le résultat 200 ans plus tard. On peut reconnaître que les USA sont puissantes et/ou civilisées et/ou rayonnante, et à la fois reconnaître que la colonisation des Amériques est jonchées d’atrocités et de crimes contre l’humanité.
L’un n’empêche pas l’autre. Ce n’est pas complexe, ce qui est fait, est fait. Les USA peuvent continuer de jouir de leur patrimoine, personne n’ira leur reprendre, ça ne ramènerait personne à la vie.
En gros, OSEF que ça ait donné le Canada ou les USA. Le commencement de l’histoire contemporaine des Amériques n’est qu’une succession de génocides. Point.
blacriderv
24 oct, 2012, 12:17 #5@arshilian : Oui les USA sont devenu n°1 grâce aux Européens mais pas pour la même raisons. C’est surtout grâce à WW1 et WW2 qui a permit aux USA de prendre considérablement d’avance économique alors que l’Europe a été ravagée par les guerres.
Puis tu parles d’intérêt opposés. Mais les Indiens d’Amérique n’ont rien demandé à personne hein, comme d’ailleurs les Africains qui n’ont pas demandé à se faire coloniser ni être esclaves… Donc oui, il y a bien des « méchants ».
Freestyle
24 oct, 2012, 12:59 #6@arshilian : Si on suit votre raisonnement, ça voudrait dire qu’il n y a jamais de bien ou de mal, que tout est relative et trouve une justification historique.
Alors, oui, certes le monde n’est pas manichéen, mais d’un coté il y a un ceux qui n’ont demandé rien à personne, et de l’autre des chercheurs d’or venus armés de sabres et canons.
Et puis même aujourd’hui, si je cherchais des modèles de démocratie, j’irais voir du coté de la Norvège plus que des USA. Combien de dictatures ont-il déjà soutenu déjà ?
ptitrist
24 oct, 2012, 16:01 #7Je pense qu’il est important de ne pas prendre de parti dans cette histoire. Ils vont amener à une « réalité » car au final du jeu, l’indépendance sera déclarée. Cependant, étant donné que nous n’avons que des textes de l’époque, l’idée que l’on s’en fait peut être biaisée et donc avoir une mauvaise vision du bien et du mal de l’époque.
Je pense que le plus judicieux aura été de faire un jeu qui se passe à cette époque, mais avec notre mentalité. En plus, le joueur ne sera pas déboussoler
arshilian
25 oct, 2012, 10:03 #8@kevsler . Je suis d’accord que ce qui est fait est fait.
Mais je pense complexe de mettre un joueur à faire ce qui a été fait et lui donner des motivations, qui ne sont pas forcément les motivations de l’époque (je suis pas sûr qu’il y ait vraiment eu des Assasins hein
) Qui plus est, un génocide pour un génocide c’est assez rare, y’a souvent des raisons derrières.
@blacriderv @Freestyle
Ok pour WW2 et le développement de la côté Ouest, pour ce qui est du far west, de la ruée vers l’or, c’est un énorme développement de territoire et de technologie, impulsé par l’Europe. Bon, y’a des côtés peu moraux aussi.
Et je tiens à faire remarquer que la notion du bien et du mal est intimement liée à un état culturel. A l’époque, il n’y avait pas la même vision. Les actions de l’époque étaient dictées par la morale de l’époque. La notion de bien et de mal évolue. Vous faites l’erreur de juger des actions de l’époque avec une morale contemporaine.
Si les nazis avaient gagné la guerre, on aurait pas la même morale qu’aujourd’hui (et Hop le point Godwin, yeaaaaaah). On dirait que le fascisme c’est super chouette. L’exemple est fort poussé, mais c’est pour bien vous montrer que la morale et les questions de bien ou de mal évoluent. L’esclavage n’est vu comme « pas bon » que après que les européens et américains aient défini l’esclavage comme mauvais. Et si on reconnait l’esclavage comme une chose pas cool aujourd’hui, ce n’est que parce que les pays esclavagistes ont décidé de changer…. Ca peut paraître un peu paradoxal mais c’est comme ça que ça marche.