Comme Gollum s’accroche désespérément à son anneau, le jeu mobile The Hobbit : Kingdoms of Middle-Earth veut toujours plus de son « précieux » Mithril. Impossible donc de profiter de son contenu pourtant solide sans mettre systématiquement la main à la poche.

Il existe deux sortes de free-to-play. Les vertueux permettent aux gamers de progresser à force de patience et d’un peu de persévérance, tout en permettant aux plus pressés de raccourcir les temps d’attente ou de se procurer des bonus souvent cosmétiques. Les autres pénalisent systématiquement les joueurs qui ne désirent pas payer au point de les frustrer. The Hobbit : Kingdoms of Middle-Earth rentre malheureusement dans la deuxième catégorie.

Lancé sur Google Play Store et Appstore pour accompagner la sortie du film The Hobbit au cinéma mi-décembre 2012, ce titre de gestion et de stratégie massivement multijoueurs vous promeut chef d’une ville elfe ou naine. Vous devez la développer (ressources, population, forces armées, fortifications, etc) afin de la préparer au mieux à une invasion de Gobelins. Et si une certaine richesse de contenu se profile, vous risquez bien de vous retrouver très vite désargenté.

Une ville capitale

Dense et exigeant pour un gratuit, The Hobbit : KOM se joue sur trois échelles : à l’intérieur des murs de la ville vous bâtissez des habitations, des administrations, lancez des recherches ou entrainez vos troupes. A l’extérieur de ces murs, se trouvent les fermes, veines de minerai, arboretum qui vous fournissent en ressources nécessaires pour lancer les actions (construction, amélioration…). Enfin, la carte de la Terre du Milieu vous permet de lancer vos troupes à l’assaut des camps gobelins, d’explorer et de conquérir des terres alentour, ou, lorsque vous devenez puissant, d’autres cités des joueurs.

Bien entendu, chaque ordre prend plus ou moins de temps à se réaliser, en fonction de son degré d’avancement dans le jeu. Il faut 5 secondes pour bâtir une habitation, plusieurs dizaine de minutes pour entraîner les premières troupes ou et plusieurs heures afin d’améliorer votre donjon.

Le marchant de temps de solde jamais

Pour accélérer ces temps d’attente, vous pouvez utiliser des sabliers, nommés d’après leur capacité d’accélération, d’une minute à plusieurs heures. On ne se les procure que contre du Mitrhil, une denrée que vous devez obligatoirement acheter.
Mais alors que d’autres free-to-play permettent de remporter ces fameuses accélérations, sous diverses formes, en remplissant des objectifs, The Hobbit : KOM ne vous laisse pas le choix : il faut payer pour jouer plus vite, ou attendre.

De trop rares occasions vous permettent parfois de lancer deux actions d’une même catégorie, mais elles ne parviennent pas à relancer le rythme d’un jeu qui perd vite en dynamisme. Dans ce cas, vous risquez de ne pas y revenir après quelque jours de tentatives laborieuses.

Massivement cher

D’autant qu’il faut un certain temps de jeu avec de profiter de son aspect massivement multijoueurs. Mis en avant à travers des alliances entre les joueurs, il leur permet d’échanger des ressources ou d’envoyer des renforts à une ville alliée. Il y a aussi un chat par serveur sur lequel les jeunes joueurs s’invectivent et recherches des alliances. Heureusement, il n’apparait que sur deux lignes sur l’écran principal et ne s’ouvre que si vous le souhaitez vraiment.


The Hobbit : Kingdoms of Middle-Earth
démontre, malgré une certaine linéarité dans son système de quête, l’ambition de Kabam (le studio qui a acquis les droits du Hobbit pour les jeux mobiles) sur une tranche de gamer que certains qualifient de « mid-core ». Il s’agit de joueurs plus exigeants que les « casuals », mais qui ne peuvent accorder autant de temps aux jeux vidéo que des hardcore gamers. On leur destine donc des jeux plus complexes et intéressants, sans pour autant nécessiter une implication déraisonnable. The Hobbit : KOM a tout pour séduire cette cible, mais sa mendicité permanente et punitive le rend vite insupportable. Il aurait peut-être mieux valu réclamer d’emblée quelques euros plutôt que d’exercer cette pression constante qui dissimule mal son statut de produit dérivé créé dans le seul but de rapporter du fric.