The Last of Us, c’est l’histoire d’un mec pas rasé, qui frappe des types malades avec des bouteilles de bières vides, pour plaire à une fille trop jeune pour lui.

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Un joli univers servi par de jolis poncifs



Les univers post-apo avec des zombies (ou apparentés-zombies), on en a déjà un peu soupé depuis quelques années. Et l’univers de The Last of Us n’en est pas un particulièrement plus original que les autres. Il se situe dans la même lignée temporelle qu’un The Walking Dead en proposant une histoire qui se situe quelques mois/années après l’apparition du patient zéro de l’infection. On assiste donc à la déchéance de ce qu’il reste de l’humanité.

Ici l’infection, c’est des champignons. Ça ne fait pas trop peur dit comme ça, mais ce sont des champignons chelous qui se posent dans le cerveau des humains et qui vous font avoir des comportements bizarres et pas très cools comme tuer des gens ou les contaminer par morsure. Du coup, dans ce qui reste de l’humanité encore valide, entre l’armée qui exerce un pouvoir despotique sur la population et les pilleurs qui tuent tout ce qui entrave leur survie, il ne reste plus beaucoup de place pour les bons sentiments.

On incarne (la plupart du temps, *wink wink nudge nudge*) Joel. Joel, il a de la barbe et un passé chargé de poncifs que je vous laisserai découvrir parce que je n’ai pas le droit de révéler les poncifs. Il doit accompagner Ellie, une jeune fille, vers une destination mystérieuse. Tout ce que je peux vous dire de l’histoire, c’est qu’elle est faite de ficelles souvent grosses, mais toujours efficaces. On est rarement surpris par les péripéties du scénario, mais on s’attache vraiment aux personnages. Surtout Ellie, qui joue parfaitement son rôle de fille mi-badass mi-fragile. Ne change rien Ellie, on t’aime.

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L’univers est vraiment sympathique, mais les environnements traversés sont un peu répétitifs. Ville, forêt, ville, forêt pour la majeure partie du jeu. L’odyssée des deux protagonistes ne fait pas trop voyager. Ah oui, et dans le monde de The Last of Us, le soleil est très souvent couchant. Parce que ça permet de faire de jolis effets de lumières.

The Last of Us est par ailleurs vraiment très beau et la motion capture des personnages est très convaincante. On regrettera simplement l’utilisation à outrance du blur, partout, tout le temps. Dès qu’il y a le moindre mouvement brusque, paf. Blur. Un mouvement de caméra trop soudain ? Paf. Blur, blur, blur. Tout semble briller aussi, comme si tous les éléments du jeu étaient recouverts de cellophane, mais c’est moins gênant et ça ne retire rien à la beauté du titre.

Ah, et je vous ai parlé des musiques ? Parce qu’elles déchirent. C’est de la country déprimée qui colle parfaitement à l’univers et qui accompagnera parfaitement les phases d’exploration du jeu.

L’alternance gunfight & infiltration



Il y aura les fois où vous serez confronté à de vrais humains tout frais et les autres fois où vous serez confronté à des infectés pas tout frais.

Face aux humains, ce sera du gunfight plutôt classique et des stratégies de menaces pourront être effectuées. On prend en otage un des belligérants et on s’en sert de bouclier humain pour ne pas que ses petits camarades nous tirent dessus. Dans le cas des infectés, c’est un peu plus subtil. Vous pensez bien qu’il est inutile de jouer de menace ou de bluff, parce qu’un zombie c’est idiot. Non, si un zombie vous voit ou vous entend, il vient pour vous bouffer et tous ses copains avec lui.

Il y a deux grands types de zombies : ceux qui vous voient et ceux qui ne vous voient pas. Les seconds, plus avancés dans l’évolution naturelle de la maladie, sont plus dangereux, car s’ils vous attrapent, c’est le game over. Les « claqueurs » – appelés de la sorte à cause du petit claquement qu’ils émettent – ne fonceront vers vous que si vous faites trop de bruit. Comprenez bien que marcher, c’est faire trop de bruit déjà. Il arrivera très souvent de traverser très prudemment une zone envahie par les claqueurs, accroupi, pour ne pas attirer leur attention.

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Et là, l’idée de génie, c’est le « mode écoute ». Habituellement, dans la grande majorité des jeux de cette génération, la vision améliorée du personnage se désactive quand on se déplace ou quand on effectue une action. Pas dans The Last of Us. Une fois le mode écoute enclenché, Joel se déplace automatiquement accroupi et peut voir les silhouettes des ennemis alentours en fonction du bruit qu’ils font, et cela même à travers les murs. On avance donc, la peur au ventre, à zigzaguer à deux à l’heure entre les claqueurs, en les frôlant parfois, et en priant pour qu’ils ne nous entendent pas. Le « mode écoute » blanchit également une des limites de votre écran si un ennemi s’approche de vous. C’est très réussi et très angoissant.

Que ça soit face à des humains ou face à des infectés, vous pourrez aussi leur rentrer dedans si vos munitions et vos points de vie vous le permettent. Le cover system est très correct et il est aisé d’envoyer cocktails Molotov ou bombes à clous (l’équivalent de la grenade) de manière précise et efficace sur vos adversaires.

Dans tous les cas, la clef de la réussite dans les combats de The Last of Us se situera toujours quelque part entre la capacité à placer une balle entre les deux yeux d’un ennemi et l’habilité à l’étrangler par-derrière, sans qu’il ait eu le temps de vous voir. Profitez d’ailleurs du fait que bien que vos opposants soient de fines gâchettes et vous ratent rarement quand ils vous tirent dessus, ils n’en sont pas moins très neuneus. Ils ne vous voient pas sauf si vous êtes vraiment en face d’eux, ont un temps de réaction plutôt long quand ils vous repèrent, et ne pourront voir en aucun cas Ellie qui semble être totalement invisible à leurs yeux.

Pillage et système D



Joel, il taxe tout ce qu’il peut taxer. Alcool, chiffons, explosifs, lames, sucre… Tout lui servira de toute façon. Le système de craft très simple combine deux à trois éléments pour créer armes et objets de soin. Par exemple, il faut une unité d’explosifs et une unité de lames pour faire une bombe à clous. Alors que pour faire un médikit, il vous faudra une unité de chiffon et une unité d’alcool. Mais en même temps, alcool et chiffon permettent aussi de faire un cocktail Molotov meurtrier. Il faudra donc faire attention à ce que vous craftez en fonction de vos besoins.

Niveau fourniture, il faut fouiller les maisons vides, les poubelles pour trouver ces éléments indispensables. Et puis, Joel a beau être vachement débrouillard, on ne lui a pas encore appris à fabriquer ses propres munitions. Il faudra donc les trouver dans les tiroirs, dans les placards ou bien dans la poche des ennemis.

Toujours dans l’esprit débrouille, Joel prend partie de son environnement à fond pour faire des morts au corps à corps bien violentes. Il ramasse également briques et bouteilles pour distraire les zombies et les lancer sur la tête de ses assaillants afin de les étourdir. Il s’armera également de toute arme contondante qui lui passe sous la main pour frapper plus efficacement ses adversaires. Il est même possible de les bricoler pour les rendre un peu plus létales et solides, contre une unité de lame et une unité de scotch.

Les upgrades se feront via des compétences à débloquer dans 3 catégories. En ramassant des médicaments, vous pourrez les utiliser pour augmenter les capacités intrinsèques de Joel (jauge de vie, rapidité à se soigner…). En ramassant des engrenages, vous pourrez améliorer les armes (cadence de tir, temps de rechargement…). Et vous trouverez ponctuellement des guides de survie qui amélioreront immédiatement l’efficacité de vos consommables (médikits, bombes…).

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8

/10

Note JDG

Innovant

The Last of Us est un vrai jeu de survie à la réalisation soignée. Il faut faire fonctionner sa cervelle pour se tirer des mauvaises passes que va rencontrer le binôme du jeu. Le système de jeu est innovant et fonctionne très bien une fois maîtrisé. Le scénario n’est pas incroyable, mais reste efficace pour qui n’est pas trop exigeant avec les rebondissements malheureusement trop prévisibles de l’histoire. On pourra reprocher au titre d’être un peu répétitif à la longue à cause d’un bestiaire trop peu varié et de situations récurrentes. The Last of Us est donc un excellent jeu avec quelques petits défauts mineurs.

The Last of Us, sur PS3, 70 euros environ.