Poker Night at the inventory 2

En marge de toute la polémique entourant l’affaire CSGO Lotto (et dont vous pouvez lire notre résumé ici) les affaires judiciaires autour du principe même des « paris illégaux » impliquant des skins Counter Strike: Global Offensive commencent à s’accumuler.

Pour rappel, ces sites permettent à plusieurs participants de mettre dans un pot commun des skins d’armes obtenus dans CS:GO (certains peuvent valoir plusieurs milliers de dollars) et de tirer au sort un gagnant qui gagne entièrement la mise. Étant donné que ces skins peuvent s’acheter et se revendre contre du véritable argent sur des sites tiers, beaucoup considèrent que ces sites sont assimilables à des jeux d’argent en ligne détournés et illégaux.

Le site Polygon a interrogé Jasper Ward quant aux procédures actuellement engagées contre Valve quant à cette problématique. Cet avocat s’occupe de plusieurs dossiers directement liés à ces fameux paris, certains concernant même des mineurs. Pour lui, avant même les sites de « paris de skins », c’est bien Valve par son inaction qui est responsable de la situation. Le dossier d’une des affaires va jusqu’à dépeindre la société de Seattle comme le gérant d’un casino.

« En somme, Valve possède la ligue, vend les jetons et reçoit une partie des revenus du casino grâce à des sites externes qui lui servent à maintenir l’illusion qu’il ne fait pas la promotion ni ne profite des paris en ligne. […] Le fait que la plupart des personnes impliquées dans l’économie des paris de CS:GO sont des adolescents qui n’ont même pas 21 ans rend les actions de Valve et des autres accusés encore plus inconscientes. »

L’avocat va encore plus loin en utilisant une analogie de tripot pour décrire les activités de Valve.

« Valve est comme un gérant de bar qui laisse les gens installer des roulettes et des tables de blackjack dans l’arrière-salle, vend des jetons aux adolescents qui passent et fait en sorte que les gens encaissent chez le prêteur sur gages de l’autre côté de la rue. Oh, et il a créé un nouveau jeu qu’il possède dans lequel les enfants peuvent tout à fait participer, puis laisse les bookmakers prendre les paris dessus dans un coin de l’établissement. Le fait qu’il s’agisse du serveur et des logiciels de Valve au lieu d’un bar, les API Steam au lieu d’une roulette et des sites internet comme OPSkins au lieu d’un prêteur sur gages […] ne change pas ce que Valve est en train de faire : il a sorti de nulle part un écosystème de jeux d’argent et les consommateurs se retrouvent escroqués à cause de sites malhonnêtes en conséquence. »

Ce qui semble le plus grave dans cette histoire pour Ward, c’est le fait que les parents ne peuvent s’apercevoir de rien à cause de la nature même des objets qui sont pariés.

« Les parents ne savent pas ce qu’ils se passe et ne vont pas parler à leurs enfants tout simplement parce que les jetons s’appellent des “skins” et que ça ressemble à n’importe quel achat in-app. »

Toutefois, dans cette histoire, Valve reste étrangement silencieux. La seule réaction qui a été notée concerne l’affaire CSGO Lotto ou l’éditeur a dans un premier temps révoqué l’API du site, avant de la rétablir. Pour le reste et notamment sur sa communication, Valve se terre dans un mutisme immuable.

« Valve devrait avoir l’occasion de donner sa propre version de l’histoire, et nous attendons nerveusement leurs explications. […] Le fait qu’il existe une valeur en argent des skins — chose dont Valve est parfaitement conscient — est un des éléments auquel Valve va devoir répondre. »

De nombreux joueurs et parents de joueurs mécontents sont en train de monter un dossier contre Valve. La suite du programme passera certainement par le regroupement de toutes ces affaires dans une seule et unique class action. Valve ne pourra pas maintenir son silence radio très longtemps.

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