Contrairement à ce qu’il avait dit il y a quelques jours, le président de Nintendo, Tatsumi Kimishima, explique que ce seront plus de trois jeux qui sortiront annuellement sur iOS ou Android, et ce dès l’année prochaine.

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Plus tôt dans l’année, la firme de Kyoto expliquait qu’après Miitomo, les deux prochains jeux en collaboration avec le développeur DeNA et prévus sur mobiles seraient la simulation de vie animalière Animal Crossing et le jeu de rôle tactique Fire Emblem. L’éditeur tablait initialement pour une sortie cet automne, mais les deux titres ont finalement été repoussés à 2017. Entre-temps, et contre toute attente, Super Mario Run a été annoncé et publié sur iOS, ce qui porte à deux le nombre d’applications sorties par Nintendo en 2016.

Le site Kyoto Shimbun a rapporté le 22 décembre dernier les propos du président Tatsumi Kimishima qui, en réaction aux bons résultats comptables de Super Mario Run, déclarait que ce seraient 2 à 3 titres mobiles qui seraient proposés par Nintendo chaque année à partir de 2017. Il semblerait que ce dernier soit revenu sur cette affirmation en annonçant que la firme prévoyait désormais plus de 3 jeux mobiles par an, comme le rapporte l’analyste et bien connu des réseaux Serkan Toto sur son compte Twitter.

D’un certain point de vue, cela peut sembler beaucoup de titres pour une année où, en plus, Nintendo compte en plus sortir une nouvelle machine. Il faut cependant rappeler qu’il n’est pas seul sur le coup et que le constructeur s’est associé avec DeNA dans le cadre d’un contrat prévoyant cinq jeux (dont ne fait d’ailleurs pas partie Super Mario Run, récupéré en interne par Miyamoto et son équipe). Avec un Animal Crossing et un Fire Emblem qui doivent être dans un état avancé de développement maintenant, la sortie de deux jeux répartis entre Nintendo et DeNA ne semble pas particulièrement hors de portée.

La question épineuse du modèle économique

Kimishima a également réaffirmé que les modèles économiques prévus pour ces jeux sur mobiles ne sont pas gravés dans le marbre. Si vous faites donc partie de ces milliers d’auteurs d’avis négatif sur Super Mario Run, réjouissez-vous : il y a toujours des chances pour que du free to play soit d’actualité pour ces titres en fonction de la nature du jeu. La stratégie de Nintendo reste ainsi toujours la même, à savoir utiliser le mobile comme une source de revenus auxiliaire et comme un outil de promotion de son cœur de métier : les jeux sur console.

Alors qu’on pensait le public mobile plutôt acquis à la cause du plombier italien, le lancement de Super Mario Run est on ne peut plus contrasté en terme de résultat. L’application a été téléchargée plus de 50 millions de fois en une semaine à en croire le populaire analyste Daniel Ahmad et le site Sensor Tower a estimé qu’entre le 15 et le 18 décembre, le jeu a rapporté plus de 21 millions de revenus bruts.

Toutefois, le jeu a également provoqué un bouche-à-oreille extrêmement négatif à cause de son système de tarification que d’aucuns trouvent excessif et pernicieux. Alors que le jeu a été annoncé comme payant bien avant sa sortie, de nombreux joueurs ont été surpris de voir que le jeu, téléchargeable gratuitement, coûtait 10 euros après les 3 premiers niveaux, ce qui représente un tarif bien supérieur à la majorité des jeux proposés sur ce type de plateforme. Ce paywall en fait voir soit trop, soit pas assez. Il aurait soit fallu appliquer ce tarif directement au téléchargement, soit proposer plus de niveaux dans la partie gratuite. Ajoutez à cela le fait que le jeu n’est pas jouable hors connexion (!) et vous obtenez une frustration pas si étonnante des joueurs qui se sont rués pour mettre un mauvais avis au jeu. Ce dernier est aujourd’hui à deux étoiles sur l’App Store, preuve du retour de boomerang que s’est violemment pris le constructeur en plein visage quant à ce choix stratégique étonnant. Cela représente un véritable échec dans la stratégie de promotion par le mobile voulue par Nintendo.

Super Mario Run devrait cependant servir de leçon à Nintendo pour la sortie des prochains jeux reconfirmés par Tatsumi Kimishima. Si la qualité est au rendez-vous comme on vous l’avait dit dans nos impressions, l’éditeur devra maintenant s’adapter à un marché qu’il ne comprend pas encore très bien et pour lequel, pour lui, rien n’est encore acquis.

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