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Il y a des combats qui durent. Celui de PES consiste à se maintenir en vie face à l’ogre Fifa qui depuis son épisode 09, mange petit à petit l’idole déchue. Après des premières impressions sur la nouvelle itération du côté de chez EA, Konami nous a invité dans ses locaux, l’occasion de mettre la main sur le jeu le temps de quelques matchs. La version présentée était plus aboutie que la démo déjà disponible, puisqu’elle regroupait tous les grands championnats ainsi que les sélections nationales.


Un temps brouillon, un temps assuré de convaincre, depuis de trop nombreuses années la série se laisse porter par les minces fondations qui lui restent. Toutefois, Konami est sur le chemin de la rédemption et a compris que Fifa avait pris le dessus, commercialement et ludiquement. La volonté est donc de se rapprocher du modèle actuel, pour rattraper le wagon. On se retrouve avec un gameplay moins lourd et un jeu qui se porte sur toute la surface du terrain. Le jeu n’est plus basé sur la vitesse, mais sur le décalage. Pour cela de très nombreuses innovations sont mises en place. Par exemple, le PES Full Control use de petits mouvements balle aux pieds pour se sortir d’un un-contre-un. Le mode Manuel, paramétrable de bout en bout s’enclenche grâce à la molette gauche et permet de tirer ou d’enclencher des passes avec une précision totale.

Effectivement, les efforts pour améliorer le système ont été faits. Le mode Entrainement a été enrichi afin de parfaire ses techniques footballistiques. Tout ceci n’empêche pas, une fois en jeu, de s’ennuyer quelque peu. Pour une des premières fois, PES met le pied sur le frein, et ralentit considérablement le rythme des matchs. Les appuis des joueurs sont lents, et la réaction de ces derniers feraient passer André-Pierre Gignac dans Fifa 12 pour une fusée. Parce que ceux qui critiquent Fifa, sur le temps de réalisation d’un mouvement entre son apparition à l’écran et l’appui sur la touche de la manette, risque de se tirer les cheveux. A raison. Le jeu évolue dans un faux rythme, entre lenteur des mouvements et rapidité des courses. De cette cadence ressort un problème : l’impossibilité totale de jouer en milieu de terrain. Autrement dit, construire une action à partir de sa base offensive est d’une difficulté sans nom. Car, alors que les joueurs réagissent lentement balle aux pieds, ils n’hésitent pas, et de manière réussie, à jouer des épaules pour récupérer leur dû.

Le problème lorsque l’on évoque les jeux de football c’est que tout, ou presque, n’est question que de ressenti personnel. L’interprétation du football que donnent les développeurs à autant de chance de plaire que de déplaire, et on ne peut contredire le choix de chacun, surtout lorsque derrière le travail technique est là. PES est en plein dans cette position paradoxale : si l’on on acquiesce devant le contenu qui s’étoffe, les paramètres qui se multiplient et les graphismes qui s’affinent, il a manqué la fluidité du jeu qui permet de s’amuser à la manière de Fifa. Le schéma tactique mis en place semble sans influence réelle sur le jeu, tant et si bien qu’on ne construit pas ses actions, mais qu’elles viennent d’un coup d’éclat, ou d’un exploit personnel. Ce sentiment trouve son mal dans l’IA maladroite au possible. Alors que Fifa 13 a affiné ce point précis, dans PES 2013 nos coéquipiers se placent souvent mal, ne prennent jamais les courses en profondeur ou se décalent sur nos trajectoires de tirs. Preuve s’il en est, les hors-jeu sont continuels et terriblement rageants.

Les mots employés pour PES 2013 peuvent paraître durs. Ils sont au contraire la preuve que l’on juge le titre dans la catégorie des poids lourds, sans faire de différence notable avec Fifa 13. Le plaisir est là, mais PES ne peut être testé seul. La question est toujours un choix entre les deux licences, qui est le meilleur. PES 2013 semble bon. Fifa 13 se lance sur de très bonnes bases. Dans le choc titans, ce sera à celui qui grimpera le plus haut sur l’Olympe. Le verdict tombera le 27 septembre 2012 sur Playstation 3, Xbox 360 et PC.