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Testé par le journaldugamer 8/10

Avec Assassin’s Creed III, la guilde fictive des Assassins d’Ubisoft redistribue les cartes une nouvelle fois et change de continent et de contexte historique. Elle plonge ses joueurs au coeur d’un nouveau récit qui a pour toile de fond une période forte de l’histoire de l’humanité : la Guerre d’Indépendance des Etats-Unis d’Amérique. Alors que les 13 colonies se révoltent contre les troupes anglaises, un jeune homme d’obscure extraction va embrasser la cause des Assassins et modifier durablement le destin de l’humanité. Une autre Histoire pour l’humanité, des enjeux secrets révélés, Assassin’s Creed n’avait jamais collé d’aussi près les événements réels pour offrir aux joueurs un point de vue complètement fantaisiste, fantastique, mais rigoureusement crédible.
“Rien n’est vrai, tout est permis”. Et si vous aviez quelque chose de prévu après le 21 décembre, vous feriez bien de terminer d’abord Assassin’s Creed III…

On ne débute pas Assassin’s Creed III en compagnie de son héros. Nous ne révélerons pas quel personnage à priori sans rapport tient les rennes des trois premiers chapitres, mais préparez-vous à être surpris. Ce mystérieux protagoniste permet de réviser un gameplay connu avant l’apprentissage de nouvelles finesses, tout en nous évitant un tutoriel étouffant et dirigiste. Il amène aussi finement les enjeux de l’époque, du débarquement en Amérique jusqu’au petit “mindfuck” qui vient nous cueillir comme une fleur et relancer notre intérêt à la fin de la séquence 3.

C’est là qu’entre en scène Connor, anglais par son père, mohawk par sa mère. Son vrai nom : Ratohnhaké:ton. Le jeu nous raconte son enfance au cœur de son village, son apprentissage de la vie sauvage, le drame qui entraîne la mort de sa mère. Et son ralliement à la cause des Assassins.

Convenue mais bien racontée, la vengeance de Connor se met doucement en marche. Elle nous laisse le temps d’appréhender les joies de la vie au coeur de la forêt, de découvrir une-à-une chaque nouveauté du gameplay de cet épisode.

On entre dans l’histoire d’Assassin’s Creed III comme on passe une porte familière, un air de déjà-vu qui révèle petit à petit des recoins inattendus. En prenant son temps. On s’installe dans le personnage et on compose avec les motivations de Connor. Avec sa maniabilité plus fluide que les précédents assassins et son arsenal inédit.

Le point de départ de la grande croisade de Connor contre les Templiers

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Rendez-vous en Terre Inconnue

Pour nous cela signifie avant tout une nouvelle terre à apprivoiser, qui parvient à nous faire oublier une bonne fois pour toute Rome, Florence et leurs monuments aussi spectaculaires dans leur ouvrage que vertigineux dans leur ascension. Place à New York et Boston, deux nouveaux terrains de jeux entrecoupés d’étendues sauvages.

Assassin’s Creed III joue aussi la carte de l’exploration des villes, mais qui dit nouvelles terres, dit terres en plein construction. Des bâtiments solides, une architecture typique, un peu rustre. En témoignent les animaux qui s’ébattent à côté des hommes.

La nature reprend ses droits à quelques pas de ces grandes villes en construction, sauvage et changeante. Il ne sera pas rare en effet de passer d’une séquence en plein forêt luxuriante à des phases de grand froid, les jambes dans la poudreuse, d’un simple tour de passe-passe de l’Animus.

Ce dernier épisode dépayse : il nous encourage pour la première fois à explorer la nature, à découvrir la faune locale. Une nouvelle jouabilité permet de se mouvoir avec fluidité entre les arbres. Une gâchette à maintenir pour courir et deux boutons pour au choix sauter ou passer en dessous d’obstacles. Dans les arbres, toujours en maintenant la gâchette de course, les phases d’accrobranche se font en toute souplesse. Un bouton de direction pour choisir de passer derrière le tronc ou le saut pour grimper un peu plus haut. On passerait ses journées à faire ça si un monde ne réclamait pas notre attention.

Hop hop hop… Tu crois aller où comme ça ?

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“Le bon assassin, il voit un truc qui bouge, bon il tire, mais c’est un bon assassin”

Mais la découverte du Nouveau Monde ça va un temps, ce qu’on veut, c’est trancher des gorges. Trancher des gorges et profiter des villes. Les développeurs l’ont bien compris et de ce côté là tout est de retour : plumes, missions annexes, alliés à aider.

Et si la trilogie d’Ezio jouait la carte du promoteur immobilier, Assassin’s Creed III nous met dans la peau plus modeste du chaperon de domaine. Héritant d’une bicoque qui tombe en ruine, Connor doit aménager son terrain, construire tout autour un espace suffisamment varié pour y accueillir menuisier, bûcheron et autre métier de main d’oeuvre. Et troquer un peu tout ce qu’on trouve – bois, viande, peaux, dents de castor – pour contribuer ainsi à l’effort de construction d’une nation.

Car à deux pas, la nature s’offre à nos talents de chasseur, clin d’oeil évident à Red Dead Redemption. On prend plaisir à dépecer tous les animaux du bois de Quat’Sous, des lièvres aux biches en passant par les ours et les pumas féroces. La classe : tuer plus pour gagner plus. Côté baston, Connor n’oublie pas qu’un bon assassin est un assassin qui égorge avec style grâce à un équipement varié. Aux grands classiques des doubles lames et du pistolet (qui n’est plus caché) s’ajoute un tomahawk et un arc, clin d’oeil direct au crew des amérindiens. Des pièges pour coincer des petits animaux et des dagues à corde pour pendre au bras des soldats, Connor met tout le monde d’accord.

Surtout, on abandonne la machine à voler pour quelque chose d’un poil plus “badass” : le navire de guerre, mon coup de coeur. À la fois à la barre de votre vaisseau et au commandement de votre équipage vous pourrez (quand les missions le permettent) vous adonner à des batailles navales très réussies où il faudra gérer un peu tout à la fois.

Du nombre de voiles à déployer au sens du vent pour bien s’orienter, tout en tabassant des corsaires anglais à coups de slaves de canons. Très, très bon. De ce côté là, Ubisoft a peaufiné comme il faut le passage du flambeau. Du changement plus que bienvenu d’époque, à nos joyeuses phases de grimpette, de synchronisation, capuchon et désir de vengeance intacts. Comme la toute toute première fois, avec quelques petites nouveautés bien senties.

Les batailles navales envoient de grosses sensations

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“Vous avez reçu un mail”

Cinq ans après la claque de la découverte, il semble bien difficile de demander à Assassin’s Creed III de nous chambouler comme à l’époque. Côté scénario et écriture, rien à dire, Ubisoft livre une copie honnête. Les développeurs pensent même à donner à Desmond ses premières vraies phases de gameplay bien à lui, très souples et très inspirées de Mirror’s Edge par leurs dynamismes.

Cependant, énorme problème : la narration décousue. À se tirer une balle, littéralement. Comment, en partant d’une histoire sympa, une jouabilité un poil rigide mais gentille, peut-on se foirer à ce point sur l’enchaînement des péripéties et tuer l’immersion du joueur ? C’est simple, il suffit d’ajouter des sauts dans le temps insupportables, les fameux “six mois plus tard”, brusques et sans liens aucun avec la séquence suivante.

Il y a aussi la fameuse fenêtre “Vous avez reçu un mail” qui pop régulièrement en haut à droite de l’écran, le truc le plus insupportable du monde en pleine mission d’infiltration ou en train de guetter un animal dans la forêt. L’immersion en pâtit, encore, toujours la faute à ce vernis moderne qui vient constamment nous rappeler que nous sommes dans un monde virtuel. L’éternel problème de la franchise et son côté Matrix.

Pourtant l’ambiance de cet Assassin’s Creed III est l’un des meilleures, entre sa violence, ses hauts-faits et ses figures et instants historiques. Comment diable peut-on passer d’un rendez-vous avec Benjamin Franklin à un écran tutoriel pour nous apprendre à acheter et troquer du bois ? Et j’exagère à peine.

Et puis surtout, il y a ce bon vieux Anvil – rebaptisé Anvil Next – le moteur graphique du jeu depuis cinq ans déjà. Cette version “Plus” permet certes d’afficher plus de soldats à l’écran (bon point pour les zones de guerres face à des vagues de soldats armés de mousquets) mais il arrive au bout de son aventure. Le rendu de la nature, les bâtiments en villes sont bien faits, le choix des couleurs se tient, mais l’ensemble devient faible, parfois inégal d’une cinématique à une autre.

Passons aussi sur certaines scintillements, disparations de textures et autres bugs de collision, ça reste ponctuel mais tout de même un poil gênant. Disons que les choses s’améliorent, l’ambition générale est revue à la hausse, mais un manque globale de fignolage se fait ressentir. Des menus détails mais dans un jeu accentuant de grosses phases de gameplay sur son exploration et la mise en place d’une ambiance, ça fait tâche.


Ubisoft a su composer avec notre lassitude du vieil Ezio (tout de même 52 balais dans l’épisode précédent). D’une part en nous cueillant par petites touches innovantes et retouches bien pensées, d’autre part grâce à de jolis twists dans le scénario, le fait de jouer un rôle dans l’enchaînement historique des évènements ne laisse pas de marbre. Alors que soyons honnêtes deux minutes, pas grande chose n’a changé, si ce n’est la recherche de nouvelles influences chez la concurrence (Read Dead Redemption pour Connor, Mirror’s Edge pour Desmond) en jouant la carte habituelle : une action non stop, parsemée de pleins de petits instants de découverte, d’héroïsme, et ce qu’il faut de rebondissements pour nous faire tenir une vingtaine d’heures en ligne droite. Assassin’s Creed III assure la relève et nous offre un nouvel assassin très charismatique. Les fans ne retiendront que ça.

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