Guild-Wars-2-test
Testé par le journaldugeek 8/10

L’attente a parfois du bon. Du très bon même. Depuis son annonce en 2007, Guild Wars 2 n’en finissait plus de nous vendre du rêve. Certains parlaient d’une révolution en devenir, d’autres d’une suite prometteuse aux mécaniques de jeu travaillées. Aujourd’hui, jour de sortie du jeu, le résultat est sans appel : Guild Wars 2 est un très grand MMORPG. Pour vous faire profiter au mieux de notre expérience du jeu, nous avons scindé notre test en deux parties. Vous découvrirez aujourd’hui le PvE (ou joueurs contre environnement) du titre d’ArenaNet. Mais que les plus pressés se rassurent : notre verdict en fin d’article concerne déjà l’ensemble du jeu.

Nous vous en parlions hier, Guild Wars 2 a ouvert ses serveurs ce week-end dans un accès anticipé réservé à certains acheteurs. Les problèmes de connexion ont perturbé les premières heures de jeu, et à l’heure actuelle il y a encore de nombreuses choses à rectifier pour ArenaNet, qui a préféré bloquer certaines fonctionnalités le temps de corriger les bugs. Prenez ces quelques mots qui vont suivre pour un ressenti à chaud, après deux jours plongés dans la Tyrie. Je n’ai évidemment pas pu atteindre encore le niveau maximal (même si d’autres l’ont fait !) et beaucoup d’élements du jeu doivent être étudiées plus en profondeur. Ce que je peux déjà vous promettre, en revanche, c’est que Guild Wars 2 propose un contenu hallucinant de richesses pour un titre qui vient tout juste de sortir.

Écrire son Histoire

Tout est déstabilisant dans Guild Wars 2 pour qui a joué au premier. Cette fois-ci, la carte n’est plus autant instanciée, et l’on se ballade aux côtés de nombreux autres joueurs. Plus de mercenaires ni de groupes, dorénavant la coopération est totalement ouverte. Cette nouvelle orientation qu’ArenaNet a donné à sa série prend tout son sens lorsque se déclenchent les tant attendus événements. Il s’agit de quêtes ouvertes, qui peuvent se déclencher à n’importe quel moment, et auxquelles chaque joueur qui passait par là peut choisir de participer. Ce qui s’annonçait excitant, c’est qu’elles devaient modifier tant l’histoire que la géographie du coin. Jusqu’ici pourtant, on n’en ressent pas clairement les effets, et les événements ont tendance à se répéter aux mêmes endroits. On repassera donc pour les bouleversements majeurs qui changent l’univers. Pourtant, quel pied que de participer à ces grandes batailles au milieu d’une plaine, de repousser des vagues de monstres ou de plonger dans les eaux profondes de la Tyrie pour y traquer un requin géant. Parce que oui, il est possible de nager et de respirer sous l’eau dans Guild Wars 2. Encore une nouvelle preuve de la profondeur du gameplay du jeu.

L’incroyable direction artistique de Guild Wars II donne vie aux lieux les plus fantastiques.

Le cheminement classique, quête principale et quêtes secondaires, que l’on connait dans tous les jeux de rôle est bouleversé ici par ces fameux événements. D’ailleurs, il n’y a plus de quêtes à proprement parler ; la progression dans le jeu se fait à travers une histoire principale propre à chaque héros. Elle nous emmène dans des instances d’un bout à l’autre de la carte. On n’accepte pas vraiment de missions puisque l’on est amené à faire des choix dichotomiques, qui ont de petites conséquences sur notre histoire personnelle. Ce nouveau schéma d’avancement est une réussite car il permet une totale liberté de jeu : on ne s’ennuie jamais dans Guild Wars 2 car le monde est en perpétuel mouvement.

Un des nombreux événements : sauver un nid d’attaques successives

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Du dynamisme, de la chair et du sang

Le système de combat de Guild Wars 2 a été complètement revu, il apparait plus riche et complet. Bien moins rigide que dans Guild Wars, notre héros semble plus dynamique, ce qui renfonce l’intensité des affrontements. A présent, les dix compétences disponibles sont réparties comme suit : les cinq premières dépendent de l’arme en mains. Notre choix d’arme modifie ainsi notre approche des combats : un bâton encourage l’affrontement à distance, alors qu’une dague (dans chaque main, c’est plus classe !) nous incite au contraire à nous rapprocher de l’ennemi. De plus, plusieurs états actifs s’ajoutent à la partie afin de démultiplier les possibilités de tactiques. Exemple. L’Elementaliste peut désormais passer d’une spécialité élémentale à l’autre en cours de combat. Feu, Air, Eau et Terre modifient ainsi ses capacités et la stratégie qu’il devra appliquer. Les cinq dernières compétences sont liées aux pouvoirs utiles et à une Elite obligatoire, c’est à dire un pouvoir spécial plus puissant que tous les autres. Attention toutefois les têtes brûlées, la classe healer (sans qui les instances deviennent vite intenables) a disparu dans Guild Wars 2 ! Maintenant, chacun doit surveiller son état de santé et penser à se soigner. A vous, grâces à ces compétences utiles de vous redonner vie et bonus.

Malgré les apparences, le saut et l’esquive occupent une place très importantes dans l’issue des combats. L’agilité de notre héros peut permettre de prendre l’ascendant sur un groupe d’ennemis, même si ceux-ci paraissent bien plus redoutables que nous. Si on peut utiliser le saut à tout moment, l’esquive devra être utilisée à bon escient. La barre de mana a disparu, mais chaque coup d’éclat coûte toujours, ici en points d’action. Il faudra donc bien maitriser la gestion de ceux-ci : si l’on esquive à tout va, on risque de se retrouver totalement immobilisé lorsqu’il faudra éviter une grosse attaque de streum qui-pique. Bien plus impressionnants et denses que je ne l’imaginais, les affrontements ont de l’épique à revendre, aidés par une direction artistique de folie.

Mon petit Asura semble bien démuni, à l’heure d’explorer ces marais.

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Tyrie FTW !

En 2005, l’esthétique élégante de Guild Wars nous mettait une grosse claque. Je me rappelle de ces moments intenses lorsque je découvrais une nouvelle contrée et que chaque région avait sa propre identité visuelle et sonore. Les musiques résonnent encore dans ma tête. Mais depuis, la pléthore de MMO au look heroic-fantasy qui s’est engouffrée dans la brèche a littéralement saturé le marché. ArenaNet a donc voulu s’émanciper de cette image de clones de World of Warcraft mâtinés de Seigneurs des Anneaux (Elfes, Trolls et Paysages néo zélandais…) et a fait évoluer son univers, tout en gardant sa base historique. On retrouve toutes les races et les régions que l’on a aimé découvrir dans Guild Wars et ses extensions. Beaucoup le savent, mais dorénavant nous ne sommes plus obligé de jouer un Humain, puisque il est possible d’incarner un Charr, un Asura, un Norn ou un Sylvari. L’histoire prend place 250 ans après les événements du premier épisode et la technologie s’est développée. Cela donne des environnements à l’architecture plus recherchée et surtout des armes et des sorts à l’esthétisme moins médiéval.

Outre les sempiternels bâtons, épées, haches ou dagues, on peut s’équiper de pistolets sur certaines classes et poser des tourelles avec la classe Ingénieur par exemple. L’univers a de manière générale fait un bond maitrisé dans le temps. Ainsi, il est possible de s’équiper d’ustensiles pour ramasser des herbes, des oignons ou piocher des minerais un peu partout sur la carte. ArenaNet réussit par petite touche à diversifier l’expérience. Ici et là on peut parfois accéder à des mini-jeux, ramasser des objets qui nous confèrent des pouvoirs spécifiques ou même aider un villageois en se transformant en Golem (pour les Asuras). Parfois, ce trop plein d’innovations est mal maitrisé et perd le joueur. Il y a un véritable manque d’explications sur les mécaniques de jeu, le rythme d’apprentissage demande déjà une certaine expérience dans le domaine. Par exemple, il est possible de cumuler une classe et deux professions, qui ne sont que peu mises en avant lors des premières heures de jeu. Pourtant, elles sont très importantes malgré un classicisme quelque peu décevant. Au nombre de six elles permettent de maitriser quelques aspects de notre héros comme son armure ou son arme et de les améliorer grâce à de l’artisanat. Beaucoup de possibilités effrayantes lors des premiers instants qui promettent des centaines d’heures de jeu pour une maitrise totale.

La popularité des Asura est proprement hallucinante !

Attention, cette conclusion prend en compte les dimensions PVE comme PVP !
Guild Wars 2 réussit tout ce qu’il entreprend, au risque de déstabiliser les adeptes du premier. Soyons clair, la tuerie d’ArenatNet ne révolutionne pas pour autant le MMORPG. En fait, le genre est sublimé par une profondeur de jeu qui lui confère une durée de vie hallucinante. Les dernières grosses productions ayant déçu, on se réjouit que le défi n’ait pas fait peur aux développeurs. Ce test ne vous a décrit que la partie PvE du jeu. Nous avons en effet décidé de nous laisser le temps de bien appréhender le PVE avant de nous lancer dans la grande aventure du joueur contre joueur, mais surtout du Monde contre Monde. Cette deuxième partie de notre test sera mise en ligne jeudi ! Sur ce, je vous laisse, j’ai un Asura a faire monter au niveau 80.

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Les notes du JDG
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