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En janvier 2001, Naughty Dog, désormais reconnu pour des blockbusters comme Uncharted, devient un studio de développement de Sony Computer Entertainment. Après avoir fait ses preuves dans le registre de la plateforme avec Crash Bandicoot, le studio continue de montrer sa maîtrise du style en introduisant deux nouvelles figures incontournables : Jak and Daxter. Aujourd’hui, Sony ré-édite la trilogie de la licence, 11 ans après la sortie du premier opus paru en décembre 2001. S’agit-il d’un simple lifting graphique, ou d’une mise à jour bien fignolée ?

La renaissance d’un mythe

Avant de se plonger dans les critiques techniques, je vous propose de se remettre dans le bain avec un petit rappel de l’histoire. D’autant plus que les non-initiés pourront mieux saisir le contexte de la licence.

Tout commence par une expédition transgressive sur l’île de la brume. C’est ici que vous faîtes la rencontre de Jak, un curieux personnage muet, et Daxter, son moulin à parole qui lui sert d’acolyte. S’ils sont venus sur l’île en bravant l’interdiction du Sage vert Samos, c’est parce qu’il voulait guetter un rassemblement de vilains appelés Lurkers. Mais nos deux nouvelles connaissances vont très vite se faire repérer et se lancer dans une course poursuite sans fin. Dans la précipitation, Daxter tombe malencontreusement dans un puits d’Eco noire, une matière peu ragoûtante qui semble renfermer d’étranges pouvoirs.
Le jeune homme en ressort transformé en une sorte de mangouste, et les deux amis repartent vers leur terre natale, appelée le village des sables pour demander de l’aide au sage. Mais il est malheureusement incapable de soigner Daxter, et leur recommande de rendre visite au sage Gol, expert en la matière (c’est le cas de le dire). Il en profitera également pour vous expliquer qu’il faut rétablir les portails, qui permettent de voyager en un clin d’oeil. Je vous laisse imaginer que l’aventure démarre ici, et qu’un long voyage à la recherche de ces fameux portails commence.
Si l’univers de Jak and Daxter n’est pas si loin de celui de Crash Bandicoot (développé par la même équipe chez Naughty Dog), l’environnement des deux aventuriers possède des éléments qui lui sont propres (comme les orbes) et qui lui permettent de se différencier et d’évoluer à travers les jeux. Dans le premier jeu, vous découvrez que les sages tiennent leur savoir d’une ancienne civilisation appelée « précurseur », d’où le titre de ce premier volet « precusor legacy ». À part cela, les connaisseurs de Crash reconnaîtront une certaine ressemblance avec les instruments utilisés pour les thèmes musicaux (parfaitement bien remasterisés), ou même dans la disposition de certaine plateforme. Et pour aller encore plus loin, le gameplay des véhicule rappelle énormément le parcours en moto dans le deuxième jeu de Bandicoot. Mais les points similaires entre les deux licences s’estomperont énormément au cours du deuxième titres.

Si la musique a été remaniée à bon escient, il aurait été judicieux d’en offrir un nouveau en version française. Le son grésille quelques fois, et, il faut l’avouer, nous avons grandi depuis. Le doublage un peu niais vous donnera certainement envie de mettre le jeu en version originale sous-titrée, et ça sera un excellent choix. Enfin, les heureux détenteurs d’un écran 3D seront ravis de se rajouter une petite difficulté en activant la fonctionnalité. pas besoin de chipoter, il est sûr qu’un jeu de plateforme sur un écran 3D ne vous permet pas de sauter de socles en socles aussi facilement : la profondeur ne vous facilitera pas la tâche dans certaines situations, et c’est assez jouissif !

Mis à part les graphismes qui n’ont pratiquement pas été retouchés, le premier volet de la trilogie est toujours aussi amusant à faire. Il donne toujours autant envie d’être fini à 100 % et nous rappelle que la bonne plateforme n’existe plus vraiment de nos jours, où le marché vidéoludique gagne ses plus grandes parts grâce au FPS. Pour l’anecdote, le jeu était un des premiers à ne pas avoir de temps de chargement : une réelle révolution à l’époque.

Bad is back

Après avoir retrouvé un bon petit jeu de plateforme comme Naughty Dog sait si bien en faire, nous voici dans le deuxième volet de Jak and Daxter pour un petit voyage qui a eu du mal à séduire la presse à l’époque de sa sortie. Mais même s’il reste toujours aussi peu sympa par rapport à son grand frère, ce second titre est bourré d’anecdotes.

Vous remarquerez, par exemple, que la plupart des spécialistes le considère comme un GTA-like. Une tendance que Naughty Dog a certainement voulu saisir en voyant le succès de Grand Theft Auto : Vice City un an plutôt sur la même console. Dans Jak and Daxter II, Nous nous retrouvons donc bien dans une ville ouverte, avec une carte semblable à celle d’un GTA. Mais pour l’aspect bac à sable, c’est loupé. Sinon, vous pourrez bénéficier de plusieurs armes à feu différentes. Ce second volet cherchait bel et bien à trouver de nouveaux joueurs, sans doute plus âgés, qui devaient en avoir marre de sauter de plateforme en plateforme.
Quant aux graphismes, ils ont nettement évolué depuis le premier opus sortie une année auparavant. Et comme les formes étaient beaucoup plus arrondies, le travail de ce remaniement graphique a du être facilité. Les reflets sont plus éclatants, et certaines textures sont presque jolies grâce à ceux-ci. En bref, ce deuxième jeu nous fait beaucoup moins grincer des dents d’un point de vue esthétique. Du côté de la 3D, comme vous n’aurez pas souvent affaire à des séquences vraiment axées plateforme, elle n’apportera finalement pas grand chose. Si elle donnait une vraie valeur ajoutée au gameplay du premier volet, elle ne fait ni chaud ni froid dans Jak and Daxter II. En dehors de la 3D, les graphismes restent nettement moins violents que ce du premier jeu.
Mais si la beauté du jeu a été primordiale sur la liste « to do » des développeurs, ils ont certainement oublié d’y rajouter « améliorer le gameplay agaçant ». Car les véhicules à votre « disposition » (enfin ceux que vous pouvez voler…) sont toujours aussi insupportables à diriger. S’il est facile de penser « ça rajoute une difficulté au jeu », vous aurez du mal à conserver votre jugement au bout de deux heures de jeu. Le gameplay est juste mal programmé et énervant par sa médiocrité qui vous fera foncer dans tous les murs, alors qu’il était encore supportable pour sa ressemblance avec Crash Bandicoot dans le premier Jak and Daxter. On a osé espérer que ces petits défauts de jouabilité auraient été corrigés, mais nous nous sommes trompés.

Jak and Daxter II a été merveilleusement bien fignolé graphiquement, mais il reste encore peu agréable au niveau de son gameplay. Mais pour les fans, ce sera un vrai bonheur de retrouver un joli jeu dont la jouabilité n’a pas bougé d’un iota. Et puis après tout, c’est la première fois que Jak parle !

Jamais deux sans trois

Toujours pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion de goûter aux aventures de ce duo de choc, Jak and Daxter III était beaucoup plus tourné action que le second volet qui s’était surtout concentré sur la mise en place d’une ville et des déplacements qu’on pouvait y réaliser.

Le troisième opus de la saga est donc plus agréable et varié avec des courses, des séquences de plateforme, des trajets à bord de deltaplane, bref, c’est dans celui-ci qu’on reconnaît le mieux la patte aventurière du Naughty Dog d’aujourd’hui qui crée des Uncharted et The Last Of Us.
Dans ce troisième volet, la 3D n’apporte pas de difficulté comme dans le premier, mais elle rend le jeu vraiment stylée ! Car les phases d’aventure extrême seront réellement vivantes avec la profondeur créée par la 3D. Et quand vous vous baladerez, ça sera agréable et immersif, mais sans plus. En revanche, c’est un réel bonheur de voir que ce dernier volet offre des graphismes plus arrondis que les deux premiers.
Quand au son, il ne grésille pas et a même été plutôt bien remanié. Notez que les doublages sont également plus expressifs que ceux des deux premiers opus. Un élément qui fait vraiment plaisir, car on a déjà plus envie de s’immerger dans l’histoire quand on sent que les doubleurs sont vraiment dans le rôle de leur personnage respectif !

La saga s’achève donc sur un jeu bien remanié qui laisse une bonne impression.

L’heure du verdict a sonné, et cette trilogie remise au goût du jour n’a pas vraiment de quoi s’inquiéter. Introduire la 3D était une excellente idée, même si elle n’a pas réellement trouvé son utilité dans Jak and daxter II, qui reste, remastering à part, un volet qui n’a pas forcément satisfait les fans à l’époque. Les formes polygonales dans Jak and Daxter premier du nom piquent un peu les yeux les premières heures, mais on s’y habitue très vite. Car au bout du compte, on est assez heureux de retrouver un vrai jeu de plateforme comme nous pouvons en manquer en ce moment. Si la vignette « pour les fans » aurait été assez explicite, elle aurait oublié de rappeler qu’il s’agit d’une excellente occasion pour les non-initiés de découvrir cette saga qui reflète un certain tournant vidéoludique au studio Naughty Dog. Ce qui vaut à cette collection HD l’appellation « valeur sûre ».

Le verdict ?


Que signifie cette pastille ?