Styx et Arkaïl ont un style radicalement opposé
Testé par le journaldugamer 6/10

Développé par les studios français Cyanide et Spiders, Of Orcs and Men joue à fond la carte du buddy movie américain. Appliqué au jeu vidéo, ça donne une réalisation pas toujours au top mais un duo qui fonctionne à merveille. Ici, tout repose sur l’association contre nature d’un grand orc belliqueux et d’un fourbe gobelin. Savoureux, on vous dit.

Styx et Arkaïl ont un style radicalement opposé

La première chose qui frappe, dans Of Orcs and Men, c’est l’univers. Sombre, violent et surtout destiné aux adultes, il résulte d’un melting pot intéressant de différentes inspirations : Stan Nicholls (Orcs), Andrzej Sapkowski (La saga du Sorceleur) ou encore George R. R. Martin (Le Trône de Fer). La tension, palpable, entre les Humains (les grands méchants du jeu) et les Orcs, conduit à un conflit qui dure depuis dix ans. Pour tenter de mettre fin à cette boucherie, les Orcs chargent Arkaïl (le fruit de l’accouplement sauvage d’Hulk et de Shrek), dit le Boucher, d’assassiner l’empereur des Humains. Une mission suicide qui va à merveille à ce personnage gigantesque, sur les magistrales épaules de qui les regards et les préjugés des autres espèces pèsent lourd.

Arkaïl rencontre Styx, le passeur gobelin chargé de l’aider à franchir le « Mur » qui sépare le monde civilisé du reste. Les deux créatures ne se supportent pas, mais se voient obligées de coopérer. La verve de Styx n’a d’égale que sa fourberie, et chacune de ses répliques fait mouche, entre irrévérence et subtilité. En revanche, Arkaïl se voit moins gâté en matière d’écriture : ses réflexions déçoivent par leur platitude et le manque d’implication de son doubleur. On sent pourtant que les développeurs ont souhaité en faire un personnage complexe et intéressant. La VF souffre de manière générale de l’inégalité des prestations de ses acteurs.

Les dialogues sont savoureux, et irrévérencieux

Of Orcs and Men, le buddy game – page 1
Of Orcs and Men, le buddy game – page 2
Of Orcs and Men, le buddy game – page 3

L’aspect visuel tient à peu près la route. Les graphismes offrent des décors jolis sans plus ; les animations des personnages en revanche font bouger tous leurs membres d’une façon peu naturelle qui leur donne autant de grâce que des sangliers. Pas meilleur du côté des environnement Of Orcs and Men nous condamne à des couloirs sans fin. Car oui, des couloirs, vous en verrez, tout le temps ! La quête principale se résume à une longue succession de chemins tous tracés, ou vous devrez affronter des groupes d’ennemis dans des espaces un peu plus ouverts.

Même chose pour les quêtes annexes, qui se résument en général à un environnement bien distinct, moins long, mais qui reprend le même schéma. En partant d’un HUB central où se trouvent les marchands et les PNJ, vous devrez choisir l’environnement à explorer. A propos des quêtes annexes, celle-ci ne vous laisseront pas de choix dans la manière de procéder. Vous devrez les faire à un moment précis, défini par les développeurs. Donc pas de journal de quêtes : si vous avez raté une quête annexe, vous ne pourrez pas la refaire plus tard. Dans la même veine, les choix que vous ferez durant les dialogues (à travers une roue maintenant bien implantée dans les RPG modernes) ne viendront pas bouleverser l’histoire.

Mais ne serais-ce pas… UN COULOIR ?!

Of Orcs and Men, le buddy game – page 1
Of Orcs and Men, le buddy game – page 2
Of Orcs and Men, le buddy game – page 3

Des combats mous

Passons maintenant au gros point noir du jeu : les combats. Ceux-ci reprennent l’architecture mise en place dans A Game of Thrones RPG. Ils se déroulent au tour par tour, avec la possibilité de mettre le jeu en pause, histoire de sélectionner vos compétences à appliquer sur les ennemis. Un système qui peut être intéressant avec plusieurs personnages, mais qui s’avère extrêmement frustrant lorsqu’on en possède que deux. Arkaïl en première ligne, il suffit d’envoyer la sauce à distance avec Styx. De quoi rendre inexistant l’aspect stratégique, et bien plomber le dynamisme.

Un comble pour un jeu voulant nous faire goûter la puissance des orcs. Petite feature intéressante, vous pouvez laisser Arkaïl en retrait, pour envoyer Styx assassiner discrètement les adversaires. Bien entendu, un système de niveau est présent, et à chaque up, vous devrez améliorer les attributs de bases (force, endurance, agilité), et attribuer de nouvelles attaques à vos personnages. Souhaitez-vous que Styx se base plus sur l’attaque au corps à corps ou plutôt à distance ? C’est à vous de voir. Le tout est assez simple, voire simpliste, et n’atteint pas la profondeur des canons du genre.

En mode berserk, Arkaïl ne répond plus de rien

Le gameplay de Of Orcs and Men est loin d’être à la hauteur, et l’on s’ennuie souvent à cause de la répétitivité des combats et des couloirs. Mais tout de même, quelque chose se passe durant la partie. L’écriture assez fine, l’univers immersif, mais surtout les nombreux rebondissement poussent coûte que coûte, même poussivement, pour connaître le fin mot de l’histoire. Faut-il pour autant payer le prix fort pour le dernier né de Cyanide ? Face à des titres d’envergure comme Dishonored, le choix semble fait. Mais Of Orcs en Men mérite d’être joué, ne serait-ce que pour son histoire prenante et son duo infernal. Et une quinzaine d’heures seulement suffisent à terminer cette aventure dans laquelle on progresse facilement.

Of Orcs and Men, le buddy game – page 1
Of Orcs and Men, le buddy game – page 2
Of Orcs and Men, le buddy game – page 3

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